Les raisons impĂ©ratives dâintĂ©rĂȘt public majeur (RIIPM) sont la premiĂšre condition dâobtention dâune dĂ©rogation Ă lâinterdiction de porter atteinte aux espĂšces protĂ©gĂ©es pour les grands projets de travaux et dâinfrastructures. Cette notion, issue de la directive du 21 mai 1992 concernant la conservation des habitats naturels, dite directive «âŻHabitatsâŻÂ», fait aujourdâhui beaucoup parler dâelle pour le contentieux trĂšs important quâelle gĂ©nĂšre devant le juge administratif et surtout pour une sĂ©rie dâannulations spectaculaires. LâinterprĂ©tation Ă donner Ă cette notion indĂ©terminĂ©e a longtemps fluctuĂ© entre plusieurs voies et nâest pas encore totalement stabilisĂ©e aujourdâhui. Certains juges ont tentĂ© de rapprocher cette interprĂ©tation de celle de lâutilitĂ© publique et aujourdâhui, le lĂ©gislateur sâest saisi de cette question et tente de circonscrire le poids de ces raisons impĂ©ratives par la mise en place de prĂ©somptions dâintĂ©rĂȘt public majeur. Le but de cette Ă©tude est de dĂ©montrer le caractĂšre autonome de cette notion en matiĂšre dâinterprĂ©tation, dâune part en droit interne par rapport Ă la notion classique dâutilitĂ© publique, dâautre part en droit europĂ©en. Puis, des diffĂ©rentes lignes claires tirĂ©es de cet impressionnisme jurisprudentiel qui caractĂ©rise le contentieux des raisons impĂ©ratives dâintĂ©rĂȘt public majeur, de dĂ©finir une nouvelle grille de lecture de la notion, qui tienne compte de son double degrĂ© dâautonomie, ainsi que de sa nature particuliĂšre de standard juridique.
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