Le cĂšdre est un arbre connu pour fournir un bois ligneux, rigide, et peu sensible aux intempĂ©ries. C’est aussi le symbole national du Liban. Libanais, Samir Geagea l’est par la naissance, par la tĂȘte et par les tripes. Jeune combattant, puis chef de guerre redoutĂ© pendant la guerre civile qui a ravagĂ© le Liban de 1975 Ă 1982, il dĂ©fend alors avec ĂąpretĂ©, Ă la tĂȘte des Forces Libanaises, le « rĂ©duit chrĂ©tien » menacĂ© de liquidation et s’oppose Ă toute forme de vassalisation de son pays, que ce soit par la Syrie, les Palestiniens ou les IsraĂ©liens. AccusĂ© de plusieurs meurtres Ă la fin des hostilitĂ©s, menacĂ©, vilipendĂ©, il refuse de fuir son pays malgrĂ© les mises en garde. ArrĂȘtĂ© et condamnĂ© Ă mort par un tribunal Ă la solde de l’occupant syrien pour ces crimes qu’il n’a pas commis, il croupit onze ans dans une geĂŽle de 6m2 au troisiĂšme sous-sol du ministĂšre de l’intĂ©rieur Ă Beyrouth. Onze annĂ©es passĂ©es Ă lire, Ă rĂ©flĂ©chir, Ă prier et Ă effectuer un travail en profondeur sur lui-mĂȘme. C’est un homme mĂ©tamorphosĂ© qui sort de prison en 2004 : le guerrier s’est transformĂ© en homme politique, le chef de bande Ă la rĂ©putation sulfureuse en intellectuel. Seul rescapĂ© de la vague d’assassinats qui a emportĂ© en trente ans tous les partisans de la souverainetĂ© libanaise, de Bachir Gemayel Ă Rafiq Hariri, il incarne mieux que quiconque l’idĂ©e d’indĂ©pendance nationale, car c’est un principe sur lequel il est aujourd’hui le seul, parmi les responsables politiques libanais, Ă n’avoir jamais transigĂ©. Depuis son nid d’aigle du Mont Liban oĂč il vit reclus par crainte – encore ! – des tentatives d’assassinat, Samir Geagea prĂȘche dĂ©sormais l’unitĂ© et le dialogue entre les communautĂ©s dans le cadre de l’ « Alliance du 14 mars ». C’est nĂ©anmoins avec angoisse qu’il voit la guerre civile en Syrie ranimer les haines confes
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